28 février 2020

La génomique à la source des faits marquants sur l'histoire

L’équipe de Christian Landry, professeur à la Faculté et chercheur à l’Institut de biologie intégrative et des systèmes (IBIS), a voulu connaitre l’origine d’une source de levure prélevée sur un site historique et archéologique de la Ville de Québec en séquençant son génome.

Photo de Matt Hoffman sur Unspalsh

Lieu riche en histoire de la Ville de Québec, l’îlot des Palais a longtemps eu la vocation de brasserie dès la fin du 17e siècle où Jean Talon a d’ailleurs opéré une brasserie. C’est une souche de levure du même nom qui a été isolée des voûtes du palais de l'intendant de la Nouvelle-France par des brasseurs de Québec en collaboration avec la compagnie Lallemand il y a quelques années. 

En effet, le processus de séquençage du génome d'isolats archéologiques de levure permet de révéler des faits marquants sur l'histoire des activités de boulangerie, de brassage, de vinification et de migration humaine dans le monde entier. La génomique, qui étudie la fonction et l'expression des gènes séquencés par la caractérisation du <button class="tooltip-libelle tooltip-libelle-js">transcriptome</button>Le transcriptome est l'ensemble des ARN issus de la transcription du génome.<button class="tooltip-fermer tooltip-fermer-js"></button> et du <button class="tooltip-libelle tooltip-libelle-js">protéome</button>Le protéome est l'ensemble des protéines exprimées dans une cellule ou un groupe de cellules.<button class="tooltip-fermer tooltip-fermer-js"></button>, permet de mieux comprendre la fonction biologique des gènes d'une cellule et de retracer son histoire grâce aux mutations qui s’accumulent au cours du temps.

Pour ce faire, l’équipe a séquencé le génome de la souche Jean-Talon avec des technologies de pointe et a analysé à nouveau des centaines de souches de levure afin de déterminer sa relation avec d'autres souches domestiques et sauvages. 

Leur conclusion? La souche se rapproche davantage des souches des groupes génétiques de la bière et de la boulangerie et des souches industrielles du Royaume-Uni et de Belgique. Elle proviendrait d'activités de brassage qui s’y sont déroulées récemment et non de celles qui auraient pu être domestiquées par les brasseurs d'origine de la Nouvelle-France sur le site archéologique.

L'article paru dans G3: Genes/Genomes/Genetics est signé par Anna Fijarczyk, Mathieu Hénault, Souhir Marsit, Guillaume Charron et Christian Landry, de l'Université Laval, Tobias Fischborn, de Lallemand inc., et Luc Nicole-Labrie, de la Commission des champs de bataille nationaux.

Nous vous invitons également à lire l'article paru sur ULaval nouvelles et celui paru sur Ici Radio-Canada.