15 septembre 2022

Une bourse pour veiller au maintien de la santé des abeilles


Crédit photo : Guillaume Tremblay 

Toutes nos félicitations à Ana María Quiroga Arcila, doctorante en biologie végétale, qui a obtenu une bourse PAm-Costco Canada d’une valeur de 60 000 $! Ce financement est remis à des étudiantes et étudiants qui ont à cœur la santé des abeilles et la durabilité de l'apiculture dans le but de propulser une relève engagée et sensibilisée aux enjeux du domaine. 

Cette passion bien vivante a jailli chez Ana María, en Colombie, où elle a grandi et a pu constater l’importance de la conservation des pollinisateurs sauvages bien présents sur la ferme opérée par sa famille. Elle y pratiqua d’ailleurs la méliponiculture (l’élevage des abeilles sans dard) et possédait ses propres colonies d’abeilles sauvages afin d’augmenter la pollinisation de la spécialité locale : le café! Au courant de son baccalauréat en agronomie à l’Université Nationale de Colombie, elle s’est jointe à Julián Vivas, professeur en agroécologie, et un ami agronome, Andrés Triviño, pour créer une association avec des paysannes et paysans. « L’idée était surtout de faire l’apiculture, de commencer une transition agroécologique et de montrer comment faire plus de revenus économiques, surtout pour les femmes », explique-t-elle. Désirant travailler davantage avec les abeilles, elle choisit de réaliser un stage au Québec, plus précisément au laboratoire d’agroécologie Département de phytologie avec Caroline Halde, professeure à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation (FSAA).

Sous la direction de Valérie Fournier, professeure à la FSAA, et de Pierre Giovenazzo, professeur au Département de biologie à la Faculté des sciences et de génie, Ana María entreprend, depuis janvier, son projet de recherche portant sur l’optimisation de la pollinisation du bleuet nain au Québec par les abeilles domestiques et les bourdons. Le projet vise à évaluer trois types d’impacts de la différente densité de colonies (nombre de ruches par hectare), soit ceux sur la qualité de la pollinisation des bleuets, sur la santé des abeilles puis sur les bourdons. Au courant de la très courte période de pollinisation (environ trois semaines au mois de juin), l’équipe s’est rendue au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la région la plus importante en termes de production de bleuets sauvages dans la province, pour collecter des données dans les champs. Celles-ci sont présentement analysées en laboratoires et seront renchéries par d’autres données cumulées aux mêmes endroits, mais l’année prochaine. Bien qu’Ana María a cumulé de l’expérience dans cette branche de l’agriculture dans son pays natal, le travail est bien différent au Québec. « Ici, il y a un long hiver et ça change tout! Les activités doivent être faites beaucoup plus vite, puisqu’il y a environ six mois d’apiculture », souligne-t-elle. « L’apiculture est vraiment plus industrialisée et il y a plus de recherche sur la pollinisation qu’en Colombie où la recherche est plus axée sur la production de miel ». 

Avec son expertise et son engagement envers le domaine, Ana María souhaiterait mettre à profit ses connaissances en mettant sur pied un petit centre de recherche ainsi qu’une ferme expérimentale qui seraient accessibles aux personnes qui vivent dans la ruralité colombienne. « J’aimerais motiver les enfants et les femmes à faire la recherche et l’apiculture, de motiver la conservation des pollinisateurs et de l’environnement », mentionne-t-elle.